Ce moment gênant...

...quand vous lisez un article de Challenges qui pourrait tout à fait se trouver dans Minute ou Valeurs Actuelles.


Un des nombreux "taxiphones" qui dénaturent notre paysage urbain. Paris.

Souhaitant sortir de la mono-fonctionnalité de certains quartiers, notamment dans le 10ème arrondissement, la Mairie de Paris a engagé depuis longtemps un travail d'orientation de l'offre commerciale, en achetant des locaux, et en restreignant leur usage uniquement à des activités "souhaitables", c'est à dire, ni des "coiffeurs africains", ni des taxiphones, ces boutiques où l'on trouve de tout : téléphones, connectique informatique, photocopie, cyber, ni des grossistes de vêtements.


Parfait. Il est vrai que ces boutiques n'apportaient pas de services aux gens du quartier. On n'a jamais besoin de se faire couper les cheveux, d'imprimer un document ou d'acheter une clé USB. Par contre, acheter un sac ou un collier de créateur est un besoin fondamental.

J'attends avec impatience la deuxième fournée de boutiques indésirables : pharmacies, agences bancaires et opticiens, ainsi que les boutiques de luxe, bien trop présentes dans les 8e et 16e arrondissements, où il est très difficile de trouver une boulangerie ou une épicerie. Comment ça il n'y en aura pas ?

Ce qui semble en fait déranger la Mairie, c'est ce Paris "pas très français", pas blanc, pas très riche non plus. Ce Paris populaire basané qui va de Réaumur-Sebastopol à Porte de Clignancourt. Des axes très parcourus par les touristes.
Passe encore qu'ils mettent leurs boutiques dans le 13ie ou à Belleville, mais en plein centre, sur l'axe majeur des gares, ça fait désordre.

Alors la Mairie essaie de les virer gentiment. Elle appelle ça de la "diversification".

Certes, dans quelques quartiers remplis de grossistes, les rues ne sont pas très engageantes. J'ai une solution plus efficace à ce problème précis.

L'on sait depuis quelques années que les centres commerciaux ont un effet pervers sur les villes, qu'ils soient implantés en périphérie ou au centre : ils perturbent totalement l'ossature commerciale, vident les boutiques, cassent le commerce de proximité.

Tiens mais justement, à Paris, il y en a quelques-uns ! Beaugrenelle, Montparnasse, Les Halles, Italie 2. Pourquoi ne pas faire un échange standard et transformer l'un d'eux en hôtel industriel, où s'installeront tous les grossistes, tandis que les commerces viendront dans les rues actuellement désertées des 3e et 10 arrondissement ?

Voilà qui est audacieux, n'est-ce pas ? Tiens, il paraît qu'on manque justement d'audace à Paris...